Mardi 28 juillet 2009
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Par Vincent Adeline
Lecteurs assidus, somnambules dominicaux, tribuns passionnés ou observateurs acharnés,
tous ces profils ont un point commun : leur lieu de prédilection n’est autre qu’un banc dans le parc du château de Versailles. Chers lecteurs, somnambules, tribuns ou observateurs,
réjouissez-vous, le château vous propose d’adopter dès maintenant un banc, votre banc. Tentés ?
Les bancs, liés à l’ordonnancement de Le Nôtre
Le banc à Versailles possède une histoire toute particulière. Il est en effet inextricablement lié à l’œuvre de Le Nôtre. Il s’inscrit de la scénographie du parc. Les bancs structurent et
rythment l’espace, appelant l’alternance de mouvement et de pause. Nichés dans la fraîcheur d’un bosquet, ils sont à la fois repère pour baisers volés ou confidences. Surplombant un parterre les
bancs accompagnent le promeneur dans sa découverte du Jardin et deviennent aussi lieux d’observation.
Les bancs en marbre et en pierre sont sculptés par les artistes de Louis XIV, entre autres Girardon ou Marsy. Ils complètent ainsi les groupes sculptés reposant sur des socles de pierre ou de
marbre. Aujourd’hui, le Jardin de Versailles compte un ensemble de 170 bancs, 92 en marbre et 78 en pierre.
Les bancs anciens en marbre ou en pierre actuellement en place dans le Jardin sont, pour la plupart, dans un mauvais état de conservation (cassures, fractures, défauts de stabilité, état général
dégradé, etc.).
La campagne de restauration
Des travaux de restauration, de traitement de surface et de nettoyage sont nécessaires pour leur rendre leur éclat et parfaire le vaste programme de mise en valeur du Jardin. Les interventions
prévues entre 2009 et 2010 concerneront en priorité 50 bancs, dont 15 en pierre actuellement déposés dans les réserves du Château. Ces derniers seront remis en place, après restauration, dans le
bosquet de l’Obélisque, autour du bassin de Neptune et dans le bosquet du Dauphin.
Les travaux de restauration seront réalisés sur place. Des structures légères seront installées autour de chaque banc, autant d’ateliers éphémères permettant aux restaurateurs d’exercer leur
savoir-faire.
« Rien n'est si nécessaire dans les grands jardins que les bancs : on en souhaiterait à chaque bout d'allée. Ils ont des places affectées, telles que sont les renfoncements et les niches dans
les charmilles, les extrémités des allées, les terrasses et les beaux points de vue. Il y a des bancs simples, des bancs à dossiers, et des bancs dont le dos se renverse du côté que vous voulez.
On en fait de marbre, de pierre et de bois : ces derniers sont les plus communs ; on les peint à l'huile pour les conserver ».
Encyclopédie de Diderot et d'Alembert - II 55a - 1751-1772,
Bibliothèque municipale de Versailles