Mardi 19 mai 2009
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Par Vincent Adeline
A quelques semaines du Bal de Versailles, Catherine de la Villesbrune, son instigatrice,
a accepté de revenir avec nous sur cette formidable aventure.
Catherine de la Villesbrunne, vous avez créé le bal de Versailles de toutes pièces en 2002. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’une telle initiative ? Serait-ce une certaine nostalgie des fêtes
royales fastueuses ?
Catherine de la Villesbrune : Il n'y a pas de nostalgie dans notre démarche. Notre approche est essentiellement festive et historique. Issue d'un groupe de danseurs, l'idée a germé petit à
petit. Le château était là, à Versailles, une fête Baroque, c'est l'évidence même. Au plaisir de la danse sous toutes ses formes, baroque et moderne, s'ajoute celui de la reconstitution
historique. Les salons de l’Hôtel de France s'y prêtent, c'est l'ancien Hôtel de Colbert, et les participants ne s'y trompent pas, les costumes sont chaque année de plus en plus beaux.
Après des années de succès, le château de Versailles vous a semble-t-il mis des bâtons dans les roues. Monsieur Aillagon a notamment refusé votre balade en costume dans le parc. Comment
jugez-vous un tel refus ?
C.V. : Nous ne comprenons pas, notre démarche est simple, et aussi historique, quoi de plus naturel que des « gens de cour » puissent se promener dans les jardins de Versailles. J'espère
qu'un jour les responsables comprendront que notre démarche s'inscrit dans la consolidation de la notoriété de Versailles et qu'après quelques années d'absence, nous pourrons retrouver le parc
du château. Nous avons appris qu’une dizaine de suédois ont pu récemment entrer en costume d’époque dans les jardins…
De même, le projet était bien installé avec l'ancienne municipalité. Qu'en est-il de vos relations avec le nouvelle équipe ? Le changement de municipalité aurait pu jouer en votre défaveur
?
C.V. : Nous avons des relations constructives avec la mairie de Versailles. Pour la 1ère fois depuis 2002, Le Maire et son épouse sont venus au bal de Versailles l’année dernière, ainsi
que l’adjointe à la culture. Il est toutefois préférable d’être partenaire avec la Mairie pour avoir des avantages. C’était le cas pour la reconstitution de l'anniversaire de Ferdinand de Lesseps
en 2005, dans la Galerie de l’Hotel de Ville de Versailles. Elle nous soutient déjà et nous accompagne dans nos balades, de la Grande Grille au potager du Roi qui nous réserve toujours un
fabuleux accueil.
Autour du bal, vous organisez d’autres activités telles que des cours de danse baroque ou des ateliers costumes. De quels moyens (financiers et humains) disposez-vous pour mener à bien un tel
événement culturel ?
C.V. : Le bal s’étoffe chaque année d’animations baroques pour régaler tout le week-end ceux qui viennent de loin. Nous suivons des cours de menuet et nous avons maintenant un
atelier de costume. Tout ceci grâce à une poignée de bénévoles qui nous permettent de faire de ce bal un succès malgré des moyens financiers limités. Cette année, le Roxane passera le film
« Marie Antoinette » de Sofia Coppola, la veille du bal, et les participants pourront y assister en costume.
Le bal de Versailles bénéficie maintenant d’une certaine renommée. Il me semble qu’une édition du magazine des « Racines et des Ailes » sur France 3 l’avait évoqué. Quelle est la fréquentation
moyenne du bal ? Quel genre de public est attiré par le bal ? Est-ce surtout des touristes ?
C.V. : Le bal reçoit 250 personnes chaque année. Nos participants viennent de tous horizons sociaux et géographiques, des jeunes, des moins jeunes, peu de Versaillais, des personnes de
la région parisienne, mais surtout de province et même de l'étranger avec de remarquables délégations belges et italiennes. Donc, pas de touristes, mais des visiteurs passionnés, qui prennent le
temps de faire la fête et un peu de plaisir. C'est si rare à présent.
Publié dans : En Ville
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