Suite à la démission de Rémond, le plus ancien conseiller municipal est nommé à titre provisoire, avant de devenir réellement maire de Versailles. Son mandat est marqué par une lutte acharnée
contre l’Assemblée à propos du chemin de fer versaillais.
L’émergence de Barué-Perrault dans la vie municipale
Charles Barué-Perrault arrive à Versailles en 1856. Il gère alors une maison de commerce d’épicerie. A partir de 1869, il devient juge au tribunal de commerce avant d’en prendre le présidence
pour quatre ans. Pendant l’occupation prussienne, en 1870, il est conseiller municipal. Son expérience de magasinier lui vaut d’être chargé de la direction du Magasin central où étaient stockés
tous les produits réquisitionnés. Nous avons déjà évoqué l’enjeu crucial de ces confiscation pendant le mandat de Rameau. L’approvisionnement était en effet l’une des pierres d’achoppement entre
l’édile et l’occupant. Son efficacité le pousse au poste d’adjoint au maire en 1871. Toutefois, il démissionne trois ans plus tard (1874) des suites d’une grave maladie. Abandonné par toute
énergie, Barué-Perrault ne peut concilier ces fonctions municipales avec la gestion de son commerce. Une fois pleinement remis sur pied, Barué-Perrault devient maire de Versailles le 22 février
1877. Le gouvernement Jules Simon (gauche modéré) place ainsi un « homme politique d’une nuance plus accentuée » note l’Almanach de Versailles. Pourtant, cette nomination ne répond pas
uniquement à une préférence partisane. Le même almanach précise très justement que « durant son administration, les affaires municipales ont été dirigées avec sagesse, prudence et une sévère
économie dans l’emploi des fonds de la ville. »
La question du chemin de fer versaillais : train ou tramway ?
Le plus gros dossier de son mandat reste les travaux du « chemin de fer parlementaire. » Souvenons-nous ! A la fin du mandat de Rameau, les parlementaires – parisiens pour la plupart –
jugent bien longues les distances entre les gares et le château. Ils chargent ainsi les Ponts et Chaussées d’étudier la construction d’une voie ferrée entre la gare Rive gauche et rue des
Réservoirs. Rameau préconise, quant à lui, d’aménager des lignes de tramway. Les conseillers municipaux, d’abord réticents, se joignent finalement au projet. Barué-Perrault se voit confronté à un
débat similaire. Toutefois, les parlementaires prennent cette fois les devants. Le 4 octobre 1875, la compagnie des chemins de fer de l’Ouest début des travaux devant la gare rive gauche. Le
train s’impose ! Le soir même, l’édile dénonce cet « envahissement illégal inopinément commencé le matin. » Il obtient la suspension des travaux, une suspension bien temporaire. Le 31
décembre, l’Assemblée vote une loi autorisant la création d’une ligne reliant la gare Rive gauche à la Bibliothèque. Le projet insensé doit passer par l’avenue de Sceaux et la place d’Armes. Le
conseil municipal se défend comme un beau diable et met en valeur son projet de tramway dont l’approbation par le gouvernement tarde. Finalement, avec le retour parlementaire à Paris en juillet
1879, l’Assemblée perd tout intérêt dans le dossier. Quant aux premiers tramways, ils circulent dès 1877.
Source : Versailles, deux siècles de vie municipale d'André Damien et Jean Lagny
Par Vincent Adeline
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Publié dans : Personnages
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