L’Hôtel des Menus Plaisirs abrite le Centre de Musique baroque depuis 1996. Un retour aux sources au temps où les Menus Plaisirs géraient
les festivités du Château et les divertissements royaux. Finalement, le bâtiment a bien vite été détourné de sa fonction initiale, un tant soit peu retrouvée aujourd’hui.
L’administration des Menus Plaisirs L’institution des Menus Plaisirs date de 1627. Elle vise à améliorer l’efficacité et la gestion de la Maison du Roi. Toutefois,
l’administration ne prend véritablement tout son sens que sous le règne de Louis XIV. Le Roi Soleil entend éblouir l’Europe par la magnificence de la Cour de France. Cérémonies et des fêtes
contribuent ainsi au rayonnement de la France dans toute l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles. Afin de répondre à de tels desseins, naissent diverses administrations : Argenterie, Affaires de la
Chambres du Roi et bien sûr celle des Menus Plaisirs. Ses prérogatives apparaissent bien vastes si l’on s’attarde sur son budget. Tout un pan de ses activités concerne directement les activités
liées aux festivités : les gages des musiciens, les fêtes religieuses et spectacles de la Cour, et enfin les diverses réjouissances publiques. Les Menus Plaisirs gèrent également les déplacements
de la famille royale : entretien des voitures, des « tentes et maisons de bois du Roi », les cadeaux faits par la famille royale… Enfin toutes les charges inhérentes au Roi –
cérémonies funèbres, mariages et les baptêmes de la famille royale ou encore la préparation des Lits de Justice – passent par les Menus Plaisirs.
L’hôtel construit sous Louis XV L’hôtel actuel ne date pourtant pas de l’apogée de l’administration des Menus Plaisirs. Elevés sous Louis XV entre 1739 et 1745, les bâtiments
abritent tout le personnel et le matériel nécessaire aux divertissements du Roi (jeux, exercices physiques, concerts de la Chambre et spectacles). Ils sont en outre destinés à abriter des
ateliers d’artistes pour la réalisation de décors, des bureaux pour les architectes et les dessinateurs, et quelques logements de fonction. Des entrepôts et des locaux de service s'y ajoutent
également au fil des besoins. Une valse de corps de métiers se succèdent au sein de l’élégant hôtel : peintres, sculpteurs et autres doreurs de talent… Notons enfin qu’en 1759, l’hôtel renferme
un cabinet de physique installé par l’abbé Nollet pour l’instruction des enfants de France. Quelques instruments de l’époque, retrouvés sur place, sont aujourd’hui entreposés dans les
laboratoires du lycée Hoche.
Le destin de l’hôtel sous la Révolution Symbole de la magnificence du Royaume, l’hôtel des Menus Plaisirs va devenir celui de la chute de la monarchie. En 1787 et 1788, l’assemblée
des notables s’y réunis à deux reprises dans une salle démontable de charpente et de toile. La convocation des Etats Généraux à partir du 5 mai 1789 nécessite d’augmenter sa capacité pour
recevoir l’ensemble des députés. Le bâtiment proprement dit est alors réservé aux bureaux des trois ordres et à quelques salles de réunions. C'est dans cette salle de réunion provisoire que
l'Assemblée Nationale vote l'abolition des privilèges le 4 août 1789 et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. L’hôtel est abandonné en octobre 1789. Il est affecté en 1791 au
régiment des Flandres. Puis, à partir de 1792, les juges du tribunal Criminel y siègent en attendant la transformation du bailliage en Maison de Justice. Le site est alors acquis par un
spéculateur, le sieur Dubusq, qui entreprend la destruction de ce bâtiment historique. L’annulation tardive de la vente le 17 mai 1800 n’y changera rien. L'ensemble du site est cependant
réintégré dans le domaine de la couronne en 1812, avant d'être affecté en 1832 au département de la guerre et de devenir une caserne de cavalerie. La ville de Versailles qui y loge ses services
techniques de 1942 à 1975. Une fois encore laissés à l’abandon, le Centre de Musique Baroque s'y installe en 1996.
Sources : Le patrimoine des communes des Yvelines aux éditions Flohic ; Versailles aux trois
visages d’Emile Houth ; Versailles, le château, la ville, ses monuments d’Odile Caffin-Carcy et Jacques Villard ; site Internet
duCentre de Musique Baroque de Versailles