L’installation définitive de la Préfecture se déroule sous le mandat d’Edme-Pierre Ploix. Mais son action n’a pas été déterminante dans le
choix du terrain. Les préfets sont institués par Napoléon Bonaparte et renforcés par Napoléon III. La Préfecture versaillaise est notamment intimement liée aux déboires de cet
homme. La recherche d’un lieu définitif Dès 1795, l’assemblée préfectorale se cherche un lieu de réunion. Elle se réunit pendant un moment dans des lieux aléatoires. L’hôtel des Menus
Plaisirs accueille par exemple quelques séances. La préfecture loue ensuite une partie de la maison du manufacturier Oberkampf (avenue de Saint-Cloud) célèbre pour avoir fondé la manufacture
royale des toiles imprimées de Jouy-en-Josas. Au bout de deux ans, le bail expire. L’assemblée investit l’hôtel du Grand-Veneur, emplacement actuel du Palais de Justice. Toutefois, dès 1800, les
réunions sont transférées dans les locaux de l’ancien Garde Meuble, rue des Réservoirs. La situation n’est alors pas sans rappeler l’installation de la Mairie quelques années auparavant, à la fin
les années 1790. Mais les locaux deviennent vite insuffisants pour accueillir l’ensemble des services administratifs. Une solution durable est enfin trouvée en 1861. Le préfet, Edouard Charton,
est autorisé à acquérir « les bâtiments et les terrains formant autrefois l’ancien Chenil du Roi. » Le bâtiment d’Amédée Manuel Le chenil est rapidement remplacé par un édifice moderne plus adapté aux besoins de la nouvelle Préfecture. Les travaux sont réalisés en 1864
selon les plan de l’architecte versaillais Amédée Manuel. La Préfecture de Seine-et-Oise est inaugurée le 19 juin 1867 par le ministre de la Justice, Jules Baroche. Le bâtiment respecte les
proportions et la hauteur imposée au Grand-Siècle : un rez-de-chaussée et un étage surmonté de combles. « Un bâtiment dont l’architecture s’harmonisât avec ce qui existait déjà »
souhaite l’architecte. Odile Caffin-Carcy et Jacques Vilard notent d’ailleurs que « son œuvre bien que peu originale a des proportions agréables. » La particularité du lieu
demeure la double allégorie de son fronton. Elle représente la Seine et l’Oise réunissant leurs eaux. Sculptée par George Clère, elle contient un mystère. La Seine est représentée par un
personnage féminin, contrairement à sa représentation masculine traditionnelle. La Préfecture face aux aléas de l’Histoire Suite à la débâcle de Napoléon III, la Prusse envahit le pays. Le 20 septembre 1870, le Prince royal installe son quartier général dans la
nouvelle Préfecture, avant l’arrivée du Roi Guillaume Ier le 5 octobre. Le bataillon de sa garde investit le rez-de-chaussée. André Damien et Jean Lagny (Versailles, deux siècles de vie municipale) notent, pour la petite anecdote, que « les contemporains virent avec indignation, dans les salles du
conseil de préfecture, la table du prétoire de cette juridiction constamment couverte de gamelles, de victuailles et de bouteilles. » L’occupation dure jusqu’au 7 mars 1871. Quelques
mois plus tard, le 18 mars 1871, Thiers fuit Paris insurgé. Il trouve à la Préfecture de Seine-et-Oise une résidence sans hostilité. Il occupe l’aile gauche avec sa famille. Quelques aménagements
de ses appartements subsistent d’ailleurs encore en l’état aujourd’hui. En mai 1873, c’est au tour du maréchal de Mac Mahon. Enfin, la dernière personnalité à habiter ici est le Président Jules
Grévy jusqu’en janvier 1879. Au cours de cette période, la Préfecture se mue en « hôtel de la Présidence de la République ».
Sources : Le patrimoine des communes des Yvelines aux éditions Flohic ; Versailles aux trois visages d’Emile Houth ; Versailles, le château, la ville, ses monuments d’Odile
Caffin-Carcy et Jacques Villard