A partir de la semaine prochaine, Détour à Versailles vous proposera toutes les semaines une chronique-diaporama, réalisée à partir de vieilles cartes postales. Découvrez le vieux
Versailles à travers ce support de correspondance très 1900. Nous remercions chaleureusement Serge Defrance, Versaillais de cœur et collectionneur émérite, pour son aimable
contribution.
Les premières cartes postales
Nous devons l’invention de la carte postale à l’Autriche. Elle apparaît en France en 1870 dans un Strasbourg assiégé par l'armée prussienne. La première carte postale se situe aux antipodes de
notre correspondance de vacances préférée. Elle ne propose alors qu’une modeste illustration, une dérisoire frise de 4 millimètre d’épaisseur encadrant l'adresse du destinataire et le timbre
d'affranchissement. Toutefois, son succès est total, puisque sept millions d'exemplaires s'écoulent en à peine une semaine. A partir de 1873, les magasins « À la Belle Jardinière » osent les
premières illustrations au recto. Il s’agit de cartes officielles qui représentent leurs immeubles de la rue du Pont-Neuf, à Paris. L’expansion de la carte illustrée date véritablement de
l’Exposition universelle de 1889, où une carte dessinée de la tour Eiffel se vend à plus de 300 000 exemplaires. Deux ans plus tard, les premières cartes photographiques sont commercialisées.
Elles demeurent toutefois assez rares. C’est à cette époque enfin que l’imprimeur Neurdein édite des cartes pour chaque ville importante de France.
La carte postale photographique
La carte postale ne va véritablement connaître son âge d'or qu’au milieu des années 1900. Les journaux de l’époque ressemblent alors à de monotones blocs de textes sans aucune photographie.
La carte postale offre l’avantage de palier à cette absence, illustrant les faits relatés par les journalistes. C’est ainsi que des petits photographes locaux vont immortaliser les événements
marquants, les scènes typiques de la vie quotidienne, ou encore la vie politique. En outre, des hôtels, cafés, restaurants, et commerces en tous genres, utilisent la carte postale comme
publicité. Citons par exemple ces fameuses images où le propriétaire pose avec ses employés et sa famille devant la vitrine de son échoppe. Mais figurez-vous qu’en 1904, il est interdit d'écrire
au recto de la carte postale. Le recto est alors uniquement destiné à recevoir l’adresse du destinataire, tandis que le verso présente une photographie agrémentée d’un espace consacré à la
correspondance. On parle alors de « carte nuage ».
On peut aussi y écrire au dos !
Dès 1904, l’autorisation d’écrire au recto de la carte est effective. L’espace est dorénavant divisé en deux parties. Une à gauche réservée à la correspondance. L’autre, à droite, destinée à
l'adresse. La photographie peut désormais occuper tout le verso sans contrainte. On passe alors d’une carte postale terne, purement administrative, à une carte attrayante, totalement
commercialisable. De nombreux photographes profitent d’ailleurs de cette aubaine pour diffuser leurs travaux. Ce nouvel outil aide considérablement la photographie à se diffuser à travers le
monde. La carte rentre tellement dans les mœurs que les photos sont maintenant développées sur un format carte postale : les cartes-photos. Elle va connaître son âge d’or entre 1900 et 1920
environ, circulant par millions dans le monde entier. Néanmoins, elle connaît un déclin rapide avec l’arrivée du téléphone, et plus récemment du courriel.