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A propos de l'auteur

  • : Vincent Adeline
  • detouraversailles
  • : 07/08/1986
  • : Versailles 78000
  • : Je suis actuellement étudiant en Master 2 de conception et gestion de projets numériques territoriaux.


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Mardi 20 mai 2008

Entre le lycée Hoche et la rue du maréchal Foch se dresse un étrange bâtiment, totalement laissé à l’abandon. Ce sinistre souvenir anime la curiosité, et suscite l’intérêt des Versaillais ou des touristes de passage. La campagne municipale a mis en exergue des projets opposés de réhabilitation. Mais qu’en est-il de l’histoire de ce bâtiment ?

La création de la Maison de Charité

La création de l’hôpital Richaud répond à une double nécessité. Au temps de Louis XIV, la ville d’un côté connaît un accroissement considérable, il faut donc répondre à des besoins croissants en matière de soins. Les travaux colossaux engagés au château demandent par ailleurs une main d’œuvre abondante, et apportent chaque jour nombre de blessés en tout genre. Afin de contenter ces nouveaux besoins, Louis XIV établit en 1670 une « maison de Charité ». Ce service hospitalier est assuré par les sœurs de la Charité, congrégation créée par Saint-Vincent-de-Paul. Leurs tâches consistent à nourrir les malades, préparer les médicaments et apporter les premiers soins. Toutes les opérations d’envergure sont réalisées par les médecins renommés de la Cour : Fagon, premier médecin de Louis XIV et les chirurgiens Félix et Maréchal. Quant à son emplacement, il ne s’agit au départ que d’un simple dispensaire en haut de la rue de la Paroisse. Rapidement, le futur hôpital royal prend racine à son emplacement actuel. Un terrain d’abord loué au grand-père de l’Abbé-de-l’Epée, puis acheté en 1707.

Louis XIV, Fagon et les débuts de la médecine moderne
Au cours de son règne, le Roi-Soleil est atteint d’une fistule à l’anus. La douleur intenable qui en résulte l’empêche de s’adonner à son loisir favori : la chasse. Pourtant, le souverain redoute une opération dangereuse et douloureuse, quoique salutaire. Cet épisode a toutefois permis de réaliser des progrès chirurgicaux non négligeable. Le chirurgien Félix a effectivement mis au point un instrument spécifique : la lancette. Avant d’entreprendre cette délicate opération, il a pu s’exercer au préalable sur les malades atteint d’un mal similaire. Beaucoup en périrent, mais « plusieurs en guérirent, entre lesquels il y eu un prêtre nommé Sanga qui après sa guérison ne pensa plus qu’à profiter de cette occasion qu’il se persuadait devoir lui être avantageuse pour obtenir du roi un bénéfice » note le curé de Notre-Dame, Hébert, dans ses Mémoires. Le roi en effet récompense les audacieux cobayes, à l’image de ce dernier devenu chanoine de Sens. Au final, l’opération de Louis XVI est un succès et marque les débuts de la médecine moderne.

Du dispensaire à l’Hôpital civil
Le modeste dispensaire subit ensuite de profondes modifications, et s’agrandit petit à petit. En 1722, une première aile abrite l’infirmerie. Il reste d’ailleurs de cette époque une centaine de pièces de faïences (Nevers et Saint-Cloud) trouvées dans l’apothicairerie. Deux ans plus tard, l’architecte Tannevoi ajoute une seconde aile à l’édifice. Finalement, en 1761, un autre architecte, Gabriel, détruit les vieux bâtiments et en édifie des plus adaptés. Mais les guerres interrompent ces ambitieux travaux par manque d’argent. Ils ne reprendront seulement qu’en 1781 selon les plans de Darnaudin, architecte primé au grand prix de Rome et grand ordonnancier du Versailles de Louis XVI. L’hôpital prend la forme d’un H et s’articule autour d’un corps central, réservé aux vieillards, flanqué de deux ailes, destinées aux malades des deux sexes. Mais la  pièce maîtresse de l’ouvrage demeure la chapelle. D’inspiration néo-classique, elle possède une coupole à caissons comme au Panthéon à Rome. Quant à la galerie à l’étage, elle communique directement avec les chambres des malades, ce qui leur permettait d’assister aux offices sans se déplacer. Malheureusement, la Révolution viendra une fois encore interrompre l’opération.

Pour la petite anecdote, l’hôpital est encore utilisé au delà de l’année 1971. Par une lettre du 24 mai 1971, le ministère de la Santé autorise la réalisation d’un nouvel établissement : l’hôpital André Mignot, ouvert en 1981. Ne demeurent alors dans les vétustes locaux que les services de spécialités chirurgicales et la psychiatrie. Plus récemment, la Cour d’Appel de Versailles devait investir les lieux. Devant l’échec du projet, la nouvelle municipalité s’est finalement engagée à y construire une pépinière d’entreprises. A quand une nouvelle jeunesse pour l’hôpital Richaud ?

Sources : Le patrimoine des communes des Yvelines aux éditions Flohic ; Versailles, le château, la ville, ses monuments d'Odile Caffin-Carcy et Jacques Villar ; Versailles aux trois visages d'Emile Houth


L'hôpital Richaud se situe à l'angle du boulevard de la Reine et rue du Maréchal Foch.
Le plan sur mappy.fr

Par Vincent Adeline - Publié dans : Notre-Dame
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