Louis Haussmann est resté six ans à la tête de la municipalité. Grâce à une politique d’économies strictes, il a amené Versailles sur la
voie de la prospérité et du progrès. Parmi les réalisations à retenir : la statue du général Hoche, l’acquisition du théâtre ou encore la construction de l’abattoir.
Louis Haussmann nommé maire de Versailles
La famille Haussmann gagne ses lettres de noblesse grâce à une fabrique d’indiennes non loin de Colmar. Nicolas Haussmann, frère cadet de
Louis, est choisi pour représenter la petite entreprise familiale à Versailles. La maison prospère jusqu’à la Révolution, où elle périclite. Louis se retrouve alors sans travail. Il occupe
successivement des postes d’imprimeur, de banquier ou encore de négociant à Paris. Mais nous ne possédons que peu de renseignements sur cette période de son existence. Nous savons simplement
qu’il améliore sensiblement sa condition sociale et qu’il s’installe à Versailles au 53 (actuel) avenue de Paris. Loin de l’agitation parisienne, il s’adonne à la littérature et à la philosophie.
Toutefois, cette tranquillité apparente n’est que mirage lorsque survient la Révolution de juillet (27, 28 et 29 juillet 1830). Tout s’accélère alors pour ce libéral convaincu. Totalement acquis
au nouveau régime, Haussmann se félicite du retour du roi. Une maladie l’empêche toutefois de saluer Louis-Philippe lors de sa visite à Versailles. « Exprimez-lui que de mon lit de
douleur, quand de l’aperçois qui passe, ce m’est un soulagement de crier : Vive le Roi ! » Une fidélité semble-t-il récompensée puisqu’il est nommé maire le 14 octobre 1831, par un
certain Louis-Philippe.
Une volonté commune : la résurrection de Versailles
Dès la nomination de Louis Haussmann, les autorités manifestent le souhait de sortir la ville du marasme. Le préfet Aubernon souligne, dans un
discours du 19 octobre 1831, que « Versailles ne ressemble à aucune autre ville. Enserré par le domaine royal, ce ne sont point autour des habitations et des campagnes. » La ville
souffre en outre d’un mal toujours présent aujourd’hui. « Au lieu de travail et d’industrie, c’est le néant d’une Cour évanouie, dont le faste n’avait crée qu’une prospérité
passagère. » Le constat est terne : aucune entreprise, une population exsangue et une circulation inexistante. Le préfet Aubernon semble parfaitement lucide et propose des solutions
intéressantes. « Il faut savoir mieux se servir des éléments qui nous entourent. Ces vastes édifices, ces bois, ces parcs semblent s’offrir d’eux même à une foule d’utilités
nouvelles. » Il entend ainsi mettre en valeur le patrimoine unique de la ville. L’ingénieux préfet évoque même l’idée de « faire une sorte d’Oxford français, une sorte de cité des
arts et de la culture. » Une autre facette sera finalement exploitée : Versailles, ville militaire avec son arsenal et son camp d’instruction.
« Versailles sort de la poussière »
Sous le mandat d’Haussmann, la Ville retrouve une certaine stabilité économique, avec un budget enfin équilibré. Versailles devient même la
ville la plus riche de France. Pourtant, sans ses nombreux visiteurs, la ville demeurerait misérable. En effet, les recettes de l’octroi lui procurent la majorité de ses budget. 540.000 francs,
dont 500.000F d’octroi. Comment expliquer ce retournement de situation ? D’une part, Haussmann contribue au chantier des deux lignes de chemin de fer : rive gauche et rive droite. L’enjeu est de
taille : favoriser le trafic Paris / Versailles. Néanmoins, l’établissement des voies à Versailles pose certains problèmes. La compagnie de chemins de fer préconise des gares au plus proche du
château. Mais les deux projets sont rejetés par les habitants : un débarcadère à la place de l’actuel Palais des Congrès et une voie dans la contre-allée de l’Avenue de Paris jusqu’à la place
d’Armes. Finalement, la ligne actuelle voit le jour. Quant à la gare rive droite, elle était prévu au croisement du boulevard de la Reine et de la rue du Maréchal Foch. Finalement, elle est
placée plus en retrait. D’autre part, la grande curiosité demeure l’ouverture du Palais le 11 juin 1837. Après quatre années d’oubli, le château-musée éveille à nouveau la curiosité des badauds.
Il compte déjà 350.000 visiteurs à la mi-août.
Haussmann meurt le 3 décembre 1837, au cours de son mandat. Son action mémorable à fait entrer Versailles dans la voie du progrès et de la
prospérité. Ovide Rémilly, son successeur, poursuit d’ailleurs sur les mêmes chemins glorieux.
Sources : Versailles, deux siècles de vie municipale d'André Damien et Jean Lagny