Dès 1671, Versailles possède une Surintendance des Bâtiments. On ignore son emplacement originel, mais il est possible que ce soit le même.
Toujours est-il qu’une surintendance exiguë a assuré l’administration des bâtiments jusqu’en 1681. Trois années sont alors nécessaires pour construire une Surintendance beaucoup plus vaste au
numéro neuf de la rue de l’Indépendance américaine. Depuis 1906, le bâtiment est occupé par l’école nationale supérieure du Génie.
La charge de Surintendant des Bâtiments
La surintendance des bâtiments est créée par Henri IV. La création de cette charge devait mettre un terme à la situation antérieure dans laquelle chaque résidence royale avait son propre
surintendant. Bientôt, les compétences du Surintendant des Bâtiments s’étendent aux manufactures : tapisserie (les Gobelins), verrerie (Saint-Gobain) ou encore porcelaine (Sèvres). Ainsi, en
1664, Jean-Baptiste Colbert prend le titre de Surintendant et ordonnateur général des bâtiments, arts, tapisseries et manufactures de France. Apprécié du roi, Colbert acquiert un rang
quasiment équivalent à celui d’un ministre. Grâce à ses attributions, il exerce une influence non négligeable sur la vie artistique de son temps et sur l’évolution du goût. Le surintendant porte
fièrement la responsabilité de l’excellence française. Le titre disparaît en 1726, et se mue en directeur des bâtiments. La fonction cesse alors d’être une charge pour devenir une simple
commission révocable. L’hôtel de la Surintendance a abrité des personnages hauts en couleur tels que Colbert, Louvois, Hardouin-Mansard, de Cotte ou encore Angiviller.
Les attributions des Bâtiments du Roi
L’administration des bâtiments emploie entre 250 et 300 personnes, avec un budget variant entre 14 millions de livres (1685) et 1,2 millions (1709). Les attributions des Bâtiments du Roi sont
définis selon la déclaration royale du 1er septembre 1776. Le service est tout d’abord chargé de la construction et de l'entretien des résidences royales (Palais du Louvre, Tuileries, Château de
Versailles) et satellites (châteaux de Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Compiègne...). Il réalise ensuite des ouvrages d'intérêt général tels que la place Louis-le-Grand (actuelle place
Vendôme), ou l'hôtel des Invalides. Le mécénat royal est également géré par ce service. Il s’exprime à travers la tutelle de plusieurs académies (Académie royale de peinture et de sculpture,
Académie royale d'architecture, Académie de France à Rome). Enfin, le Surintendant dirige les nombreuses manufactures du royaume. Il assure en outre les fonctions de grand-voyer de la ville de
Versailles, c’est-à-dire le responsable des travaux publics.
Le stockage des tableaux du Roi
Plus anecdotique peut-être, mais tout aussi important dans l’histoire de ce bâtiment, l’hôtel de la Surintendance a pendant un temps regroupé une partie de la collection de tableaux du Roi. Cette
infime partie d’œuvres est conservée en ces lieux par défaut de place. L’hiver, certaines les tapisseries du château, complètent ce curieux inventaire. Plus de 835 peintures originales, 135
copies et 193 planches de cuivre gravées sont ainsi stockées ici. Cette galerie insolite attire les convoitises des amateurs étrangers. Mais l’entassement des toiles, et leur mauvais état de
conservation la rend inaccessible. L’administration tente d’y remédier par la construction d’un hall d’exposition. Sans succès, le projet tombe à l’eau. Après la pose de scellés, le 22 juin 1791,
le « Cabinet des tableaux » est détaché de la Surintendance.
Sources : Versailles, ses rues, ses monuments de Odile Caffin-Carcy, Le patrimoine des communes des
Yvelines (ed. Flohic), Versailles, ses rues de Jean Lagny, Wikipédia
L'hôtel de la Surintendance se situe au 9 rue de l'Indépendance américaine. Le plan sur mappy.fr