Merci de votre patience. Après une pause momentanée, Détour à Versailles reprendra dès mardi. Durant cette interruption, les visites n’ont
pas diminué pour autant, ce qui laisse présager de très bonnes choses dès la reprise.
Nous vous réservons quelques surprises dans les jours à venir. Place à la nouveauté mais nous ne vous en diront pas plus pour le
moment.
Un peu de patience donc au moins jusqu’à mardi avec l’histoire de l’hôpital Richaud.
A bientôt,
Vincent Adeline
Dans son édition du mois de mai 2008, Versailles magazine publie un petit encart sur le blog. Une publicité appréciable, qui contribue à
accroître un nombre de visiteurs en constante augmentation. Parlez-en autour de vous !
« Animé par Vincent Adeline, un jeune versaillais, ce nouveau blog propose un voyage inédit dans la Cité Royale. Balade historique au gré
des rues et des avenues de Versailles, retour sur les faits majeurs qui ont animé la ville, présentation des bâtiments et monuments qui y ont laissé leur emprunte… Une belle manière de promouvoir
le patrimoine exceptionnel de Versailles, bien au-delà de son seul Château ! »
Chers lecteurs,
Je suis en ce moment pleine période d'examens. Je ne peux donc plus tenir mon blog à jour. L'ajout de nouveautés sera donc très succinct pendant cette
durée.
J'espère vous retrouver toujours aussi nombreux d'ici un mois.
Bien à vous,
Vincent ADELINE
Louis Haussmann est resté six ans à la tête de la municipalité. Grâce à une politique d’économies strictes, il a amené Versailles sur la
voie de la prospérité et du progrès. Parmi les réalisations à retenir : la statue du général Hoche, l’acquisition du théâtre ou encore la construction de l’abattoir.
Louis Haussmann nommé maire de Versailles
La famille Haussmann gagne ses lettres de noblesse grâce à une fabrique d’indiennes non loin de Colmar. Nicolas Haussmann, frère cadet de
Louis, est choisi pour représenter la petite entreprise familiale à Versailles. La maison prospère jusqu’à la Révolution, où elle périclite. Louis se retrouve alors sans travail. Il occupe
successivement des postes d’imprimeur, de banquier ou encore de négociant à Paris. Mais nous ne possédons que peu de renseignements sur cette période de son existence. Nous savons simplement
qu’il améliore sensiblement sa condition sociale et qu’il s’installe à Versailles au 53 (actuel) avenue de Paris. Loin de l’agitation parisienne, il s’adonne à la littérature et à la philosophie.
Toutefois, cette tranquillité apparente n’est que mirage lorsque survient la Révolution de juillet (27, 28 et 29 juillet 1830). Tout s’accélère alors pour ce libéral convaincu. Totalement acquis
au nouveau régime, Haussmann se félicite du retour du roi. Une maladie l’empêche toutefois de saluer Louis-Philippe lors de sa visite à Versailles. « Exprimez-lui que de mon lit de
douleur, quand de l’aperçois qui passe, ce m’est un soulagement de crier : Vive le Roi ! » Une fidélité semble-t-il récompensée puisqu’il est nommé maire le 14 octobre 1831, par un
certain Louis-Philippe.
Une volonté commune : la résurrection de Versailles
Dès la nomination de Louis Haussmann, les autorités manifestent le souhait de sortir la ville du marasme. Le préfet Aubernon souligne, dans un
discours du 19 octobre 1831, que « Versailles ne ressemble à aucune autre ville. Enserré par le domaine royal, ce ne sont point autour des habitations et des campagnes. » La ville
souffre en outre d’un mal toujours présent aujourd’hui. « Au lieu de travail et d’industrie, c’est le néant d’une Cour évanouie, dont le faste n’avait crée qu’une prospérité
passagère. » Le constat est terne : aucune entreprise, une population exsangue et une circulation inexistante. Le préfet Aubernon semble parfaitement lucide et propose des solutions
intéressantes. « Il faut savoir mieux se servir des éléments qui nous entourent. Ces vastes édifices, ces bois, ces parcs semblent s’offrir d’eux même à une foule d’utilités
nouvelles. » Il entend ainsi mettre en valeur le patrimoine unique de la ville. L’ingénieux préfet évoque même l’idée de « faire une sorte d’Oxford français, une sorte de cité des
arts et de la culture. » Une autre facette sera finalement exploitée : Versailles, ville militaire avec son arsenal et son camp d’instruction.
« Versailles sort de la poussière »
Sous le mandat d’Haussmann, la Ville retrouve une certaine stabilité économique, avec un budget enfin équilibré. Versailles devient même la
ville la plus riche de France. Pourtant, sans ses nombreux visiteurs, la ville demeurerait misérable. En effet, les recettes de l’octroi lui procurent la majorité de ses budget. 540.000 francs,
dont 500.000F d’octroi. Comment expliquer ce retournement de situation ? D’une part, Haussmann contribue au chantier des deux lignes de chemin de fer : rive gauche et rive droite. L’enjeu est de
taille : favoriser le trafic Paris / Versailles. Néanmoins, l’établissement des voies à Versailles pose certains problèmes. La compagnie de chemins de fer préconise des gares au plus proche du
château. Mais les deux projets sont rejetés par les habitants : un débarcadère à la place de l’actuel Palais des Congrès et une voie dans la contre-allée de l’Avenue de Paris jusqu’à la place
d’Armes. Finalement, la ligne actuelle voit le jour. Quant à la gare rive droite, elle était prévu au croisement du boulevard de la Reine et de la rue du Maréchal Foch. Finalement, elle est
placée plus en retrait. D’autre part, la grande curiosité demeure l’ouverture du Palais le 11 juin 1837. Après quatre années d’oubli, le château-musée éveille à nouveau la curiosité des badauds.
Il compte déjà 350.000 visiteurs à la mi-août.
Haussmann meurt le 3 décembre 1837, au cours de son mandat. Son action mémorable à fait entrer Versailles dans la voie du progrès et de la
propérité. Ovide Rémilly, son successeur, poursuit d’ailleurs sur les mêmes chemins glorieux.
Sources : Versailles, deux siècles de vie municipale d'André Damien et Jean Lagny
Le marquis de la Londe : ses ennemis et ses alliés
Jouvencel met un terme à son mandat suite aux critiques des Ultras. Ces monarchistes convaincus veulent profiter de cette déchéance pour placer l'un des leurs à la tête de la municipalité. Ces
espoirs sont rapidement déçus, puisque leur champion, Maurice Baudard de Sainte-James, célèbre pour la " folie " à Neuilly qui a conservé son nom, n'est pas nommé. Au contraire, c'est le marquis
de la Londe qui hérite de la charge le 9 mai 1816. Loin de faire l'unanimité - il n'est pas un fanatique - il subit des critiques acerbes. Ces fervents détracteurs voient en lui un personnage
ambitieux, incompétent dans l'exercice d'une telle tâche. " L'incapacité la plus complète, le plus déplorable entêtement, et les préjugés les plus funestes. " Assurément, il ne
bénéficie de leur assentiment. Toutefois, le préfet lui offre une épaule solide face à l'opposition " de personnages officieux. J'ai la confiance que Monsieur de la Londe (…) réalisera
toutes les espérances qui se réunissent autour de son administration. " Cette confiance semble d'ailleurs tout à fait fondée. En 1826, soit au cours de son troisième mandat, la duchesse
d'Abrantès dresse dans ses Mémoires un portrait flatteur du marquis de la Londe. " En tout, Monsieur de la Londe méritait l'estime et l'attachement que Versailles tout entier lui
portait ". Elle renchérit enfin sur sa conduite " digne de tout éloge comme magistrat et comme homme privé. "
Un maigre budget à rééquilibrer
Lorsqu'il prend ses fonctions, la Ville est en proie à de sérieuses difficultés financières. Le budget a été rogné lors des deux occupations de Versailles. Les frais qui en résultent ont très
sérieusement compris le budget 1818. Le maire établit tout de même des prévisions de dépenses. Dépenses trop élevées d'après la commission. Cet organisme de contrôle prescrit des coupes sombres
sur chaque chapitre. Trois exemples. Tout d'abord la bibliothèque voit ses effectifs se réduire, tandis que le crédit d'achat de livres diminue. Ensuite, le part consacrée aux fêtes publiques
baisse sensiblement. Enfin, le fond des dépenses imprévues est réduit à la portion congrue. Le maire approuve ces restrictions financières : le bien de la ville en va ainsi. " Nous devons
voir dans ce sacrifice de sa part une nouvelle preuve de son dévouement aux intérêts de la ville et du besoin impérieux d'économies " souligne le rapport de la
commission.
Quelques réalisations fondamentales
On comprend dès lors aisément pourquoi les réalisations de cette municipalité ont été si peu nombreuses. Le marquis de la Londe œuvre pourtant à l'unification de deux quartiers alors antagonistes
: Saint-Louis et Notre-Dame. Il fait percer l'avenue de Berry (actuelle avenue du Général de Gaulle) en 1819 et réalise la place des Tribunaux (actuelle place André Mignot) en 1825. La finalité
de cette réorganisation est la liaison des deux quartiers. " Monsieur de la Londe était du quartier Saint-Louis pouvait ne pas être aimé du quartier Notre-Dame, comme il l'était
néanmoins, et cela franchement sans flatteries " note la duchesse d'Abrantès. Enfin, il assure à la municipalité la jouissance de ses locaux pour 99 ans en 1823. Un projet de
reconstruction est même un temps évoqué, mais finalement abandonné par souci d'économie.
Le marché Notre-Da me et sa polémique
Le marché Notre-Dame est l'objet des préoccupations de l'équipe municipale. Dès 1811, Pétigny avance un projet de rénovation. Cette
tentative est avortée car l'emprunt nécessaire est refusé par le ministre de l'Intérieur. La Lande propose quant à lui en 1818 la construction de " halles ouvertes à claire-voie. " Un mémoire
expose d'ailleurs les raisons d'un tel projet. " On a formé sur le terrain de véritables habitations avec des élévations inégales dont l'ensemble présente un aspect hideux (…) la voie
publique est interceptée par l'étalage de denrées et marchandises sur le pavé des rues (…) et les abus ont été poussé à un tel point que le marché Notre-Dame n'offre plus ni commodité, ni
propreté, ni salubrité. " Mais les propriétaires de ces baraques restent sourds aux constats établis. Selon eux, l'embellissement de la ville se ferait aux dépens d'un millier
d'habitants, inadmissible. Le projet est finalement abandonné. L'édile revient à la charge en 1825. La séance municipale de 29 juin adopte le retour au plan de 1818, et prévoit d'indemniser les
concessionnaires. Mais le ministre de la Maison du roi s'oppose vigoureusement à l'expropriation de propriétaires " d'une possession de plus de deux siècles. " En revanche, il
consent à la destruction des baraques à l'intérieur des carrés. A la place, il suggère d'élever des halles couvertes. Cependant, il faut obtenir l'assentiment préalable des propriétaires des 496
baraques concernées. Seulement 234 d'entre eux donnent leur accord, ce qui signifie une fois encore l'abandon du projet.
Après trois mandats, une ordonnance du 14 mars 1830 désigne un gendre de la Londe pour lui succéder, Romé de Fresquienne. Mais la révolution de juillet met rapidement fin à son mandat. A
suivre…
Source : Versailles, deux siècles de vie municipale de Jean Lagny et André Damien