Présentation

  • : Détour à Versailles
  • detouraversailles
  • : 28/12/2007
  • : Détour à Versailles prétend rendre compte du patrimoine historique exceptionnel de la Ville de Versailles. Chaque semaine, le blog présentera un monument, une rue ou un personnage.
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A propos de l'auteur

  • : Vincent Adeline
  • detouraversailles
  • : 07/08/1986
  • : Versailles 78000
  • : Etudiant en master de communication politique. Amateur d'histoire, et créateur du portail "detour en france". Il vise à écrire, sur une plateforme commune, l'histoire non exhaustive des villes françaises.
Vendredi 16 mai 2008
Le blog MonVersailles.com entame sa troisième mutation. Après le tumulte de la campagne municipale et l’effervescence de la blogosphère versaillaise, Cyriaque Benoist et François Guerrier – deux bloggeurs acharnés durant la campagne – ont décidé d’unir leurs forces tout en canalisant la formidable énergie rédactionnelle des Versailles. Un blog pour les Versaillais, avec les Versaillais, par les Versaillais. « Premier constat : le point commun qui réunit cette petite communauté, c'est son intérêt, pour ne pas dire son amour (mais si, mais si, je vous assure !) pour Versailles » expliquent les deux administrateurs.

Cet espace est ainsi ouvert à tous les contributeurs, à tous les événements et à toutes les histoires. Bien entendu, le côté historique aura également toute sa place. Détour à Versailles se devait d’être présent à la soirée de lancement. Et nous y participerons évidemment.

par Vincent Adeline publié dans : Actualités du blog
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Vendredi 16 mai 2008
Merci de votre patience. Après une pause momentanée, Détour à Versailles reprendra dès mardi. Durant cette interruption, les visites n’ont pas diminué pour autant, ce qui laisse présager de très bonnes choses dès la reprise.

Nous vous réservons quelques surprises dans les jours à venir. Place à la nouveauté mais nous ne vous en diront pas plus pour le moment.

Un peu de patience donc au moins jusqu’à mardi avec l’histoire de l’hôpital Richaud.

A bientôt,

Vincent Adeline

par Vincent Adeline publié dans : Actualités du blog
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Lundi 5 mai 2008
Dans son édition du mois de mai 2008, Versailles magazine publie un petit encart sur le blog. Une publicité appréciable, qui contribue à accroître un nombre de visiteurs en constante augmentation. Parlez-en autour de vous !

« Animé par Vincent Adeline, un jeune versaillais, ce nouveau blog propose un voyage inédit dans la Cité Royale. Balade historique au gré des rues et des avenues de Versailles, retour sur les faits majeurs qui ont animé la ville, présentation des bâtiments et monuments qui y ont laissé leur emprunte… Une belle manière de promouvoir le patrimoine exceptionnel de Versailles, bien au-delà de son seul Château ! »

par Vincent Adeline publié dans : Actualités du blog
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Jeudi 24 avril 2008

Chers lecteurs,

Je suis en ce moment pleine période d'examens. Je ne peux donc plus tenir mon blog à jour. L'ajout de nouveautés sera donc très succinct pendant cette durée.

J'espère vous retrouver toujours aussi nombreux d'ici un mois.

Bien à vous,

Vincent ADELINE

par Vincent Adeline publié dans : Actualités du blog
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Samedi 19 avril 2008
Louis Haussmann est resté six ans à la tête de la municipalité. Grâce à une politique d’économies strictes, il a amené Versailles sur la voie de la prospérité et du progrès. Parmi les réalisations à retenir : la statue du général Hoche, l’acquisition du théâtre ou encore la construction de l’abattoir.

Louis Haussmann nommé maire de Versailles
La famille Haussmann gagne ses lettres de noblesse grâce à une fabrique d’indiennes non loin de Colmar. Nicolas Haussmann, frère cadet de Louis, est choisi pour représenter la petite entreprise familiale à Versailles. La maison prospère jusqu’à la Révolution, où elle périclite. Louis se retrouve alors sans travail. Il occupe successivement des postes d’imprimeur, de banquier ou encore de négociant à Paris. Mais nous ne possédons que peu de renseignements sur cette période de son existence. Nous savons simplement qu’il améliore sensiblement sa condition sociale et qu’il s’installe à Versailles au 53 (actuel) avenue de Paris. Loin de l’agitation parisienne, il s’adonne à la littérature et à la philosophie. Toutefois, cette tranquillité apparente n’est que mirage lorsque survient la Révolution de juillet (27, 28 et 29 juillet 1830). Tout s’accélère alors pour ce libéral convaincu. Totalement acquis au nouveau régime, Haussmann se félicite du retour du roi. Une maladie l’empêche toutefois de saluer Louis-Philippe lors de sa visite à Versailles. « Exprimez-lui que de mon lit de douleur, quand de l’aperçois qui passe, ce m’est un soulagement de crier : Vive le Roi ! » Une fidélité semble-t-il récompensée puisqu’il est nommé maire le 14 octobre 1831, par un certain Louis-Philippe.

Une volonté commune : la résurrection de Versailles
Dès la nomination de Louis Haussmann, les autorités manifestent le souhait de sortir la ville du marasme. Le préfet Aubernon souligne, dans un discours du 19 octobre 1831, que « Versailles ne ressemble à aucune autre ville. Enserré par le domaine royal, ce ne sont point autour des habitations et des campagnes. » La ville souffre en outre d’un mal toujours présent aujourd’hui. « Au lieu de travail et d’industrie, c’est le néant d’une Cour évanouie, dont le faste n’avait crée qu’une prospérité passagère. » Le constat est terne : aucune entreprise, une population exsangue et une circulation inexistante. Le préfet Aubernon semble parfaitement lucide et propose des solutions intéressantes. « Il faut savoir mieux se servir des éléments qui nous entourent. Ces vastes édifices, ces bois, ces parcs semblent s’offrir d’eux même à une foule d’utilités nouvelles. » Il entend ainsi mettre en valeur le patrimoine unique de la ville. L’ingénieux préfet évoque même l’idée de « faire une sorte d’Oxford français, une sorte de cité des arts et de la culture. » Une autre facette sera finalement exploitée : Versailles, ville militaire avec son arsenal et son camp d’instruction.

« Versailles sort de la poussière »
Sous le mandat d’Haussmann, la Ville retrouve une certaine stabilité économique, avec un budget enfin équilibré. Versailles devient même la ville la plus riche de France. Pourtant, sans ses nombreux visiteurs, la ville demeurerait misérable. En effet, les recettes de l’octroi lui procurent la majorité de ses budget. 540.000 francs, dont 500.000F d’octroi. Comment expliquer ce retournement de situation ? D’une part, Haussmann contribue au chantier des deux lignes de chemin de fer : rive gauche et rive droite. L’enjeu est de taille : favoriser le trafic Paris / Versailles. Néanmoins, l’établissement des voies à Versailles pose certains problèmes. La compagnie de chemins de fer préconise des gares au plus proche du château. Mais les deux projets sont rejetés par les habitants : un débarcadère à la place de l’actuel Palais des Congrès et une voie dans la contre-allée de l’Avenue de Paris jusqu’à la place d’Armes. Finalement, la ligne actuelle voit le jour. Quant à la gare rive droite, elle était prévu au croisement du boulevard de la Reine et de la rue du Maréchal Foch. Finalement, elle est placée plus en retrait. D’autre part, la grande curiosité demeure l’ouverture du Palais le 11 juin 1837. Après quatre années d’oubli, le château-musée éveille à nouveau la curiosité des badauds. Il compte déjà 350.000 visiteurs à la mi-août.

Haussmann meurt le 3 décembre 1837, au cours de son mandat. Son action mémorable à fait entrer Versailles dans la voie du progrès et de la propérité. Ovide Rémilly, son successeur, poursuit d’ailleurs sur les mêmes chemins glorieux.

Sources : Versailles, deux siècles de vie municipale d'André Damien et Jean Lagny

par Vincent Adeline publié dans : Personnages
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Vendredi 11 avril 2008

Dès 1671, Versailles possède une Surintendance des Bâtiments. On ignore son emplacement originel, mais il est possible que ce soit le même. Toujours est-il qu’une surintendance exiguë a assuré l’administration des bâtiments jusqu’en 1681. Trois années sont alors nécessaires pour construire une Surintendance beaucoup plus vaste au numéro neuf de la rue de l’Indépendance américaine. Depuis 1906, le bâtiment est occupé par l’école nationale supérieure du Génie.

La charge de Surintendant des Bâtiments
La surintendance des bâtiments est créée par Henri IV. La création de cette charge devait mettre un terme à la situation antérieure dans laquelle chaque résidence royale avait son propre surintendant. Bientôt, les compétences du Surintendant des Bâtiments s’étendent aux manufactures : tapisserie (les Gobelins), verrerie (Saint-Gobain) ou encore porcelaine (Sèvres). Ainsi, en 1664, Jean-Baptiste Colbert  prend le titre de Surintendant et ordonnateur général des bâtiments, arts, tapisseries et manufactures de France. Apprécié du roi, Colbert acquiert un rang quasiment équivalent à celui d’un ministre. Grâce à ses attributions, il exerce une influence non négligeable sur la vie artistique de son temps et sur l’évolution du goût. Le surintendant porte fièrement la responsabilité de l’excellence française. Le titre disparaît en 1726, et se mue en directeur des bâtiments. La fonction cesse alors d’être une charge pour devenir une simple commission révocable. L’hôtel de la Surintendance a abrité des personnages hauts en couleur tels que Colbert, Louvois, Hardouin-Mansard, de Cotte ou encore Angiviller.

Les attributions des Bâtiments du Roi
L’administration des bâtiments emploie entre 250 et 300 personnes, avec un budget variant entre 14 millions de livres (1685) et 1,2 millions (1709). Les attributions des Bâtiments du Roi sont définis selon la déclaration royale du 1er septembre 1776. Le service est tout d’abord chargé de la construction et de l'entretien des résidences royales (Palais du Louvre, Tuileries, Château de Versailles) et satellites (châteaux de Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Compiègne...). Il réalise ensuite des ouvrages d'intérêt général tels que la place Louis-le-Grand (actuelle place Vendôme), ou l'hôtel des Invalides. Le mécénat royal est également géré par ce service. Il s’exprime à travers la tutelle de plusieurs académies (Académie royale de peinture et de sculpture, Académie royale d'architecture, Académie de France à Rome). Enfin, le Surintendant dirige les nombreuses manufactures du royaume. Il assure en outre les fonctions de grand-voyer de la ville de Versailles, c’est-à-dire le responsable des travaux publics.

Le stockage des tableaux du Roi

Plus anecdotique peut-être, mais tout aussi important dans l’histoire de ce bâtiment, l’hôtel de la Surintendance a pendant un temps regroupé une partie de la collection de tableaux du Roi. Cette infime partie d’œuvres est conservée en ces lieux par défaut de place. L’hiver, certaines les tapisseries du château, complètent ce curieux inventaire. Plus de 835 peintures originales, 135 copies et 193 planches de cuivre gravées sont ainsi stockées ici. Cette galerie insolite attire les convoitises des amateurs étrangers. Mais l’entassement des toiles, et leur mauvais état de conservation la rend inaccessible. L’administration tente d’y remédier par la construction d’un hall d’exposition. Sans succès, le projet tombe à l’eau. Après la pose de scellés, le 22 juin 1791, le « Cabinet des tableaux » est détaché de la Surintendance.

Sources : Versailles, ses rues, ses monuments de Odile Caffin-Carcy, Le patrimoine des communes des Yvelines (ed. Flohic), Versailles, ses rues de Jean Lagny, Wikipédia

L'hôtel de la Surintendance se situe au 9 rue de l'Indépendance américaine.
Le plan sur mappy.fr

par Vincent Adeline publié dans : Saint-Louis
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Mercredi 9 avril 2008

Le marquis de la Londe : ses ennemis et ses alliés
Jouvencel met un terme à son mandat suite aux critiques des Ultras. Ces monarchistes convaincus veulent profiter de cette déchéance pour placer l'un des leurs à la tête de la municipalité. Ces espoirs sont rapidement déçus, puisque leur champion, Maurice Baudard de Sainte-James, célèbre pour la " folie " à Neuilly qui a conservé son nom, n'est pas nommé. Au contraire, c'est le marquis de la Londe qui hérite de la charge le 9 mai 1816. Loin de faire l'unanimité - il n'est pas un fanatique - il subit des critiques acerbes. Ces fervents détracteurs voient en lui un personnage ambitieux, incompétent dans l'exercice d'une telle tâche. " L'incapacité la plus complète, le plus déplorable entêtement, et les préjugés les plus funestes. " Assurément, il ne bénéficie de leur assentiment. Toutefois, le préfet lui offre une épaule solide face à l'opposition " de personnages officieux. J'ai la confiance que Monsieur de la Londe (…) réalisera toutes les espérances qui se réunissent autour de son administration. " Cette confiance semble d'ailleurs tout à fait fondée. En 1826, soit au cours de son troisième mandat, la duchesse d'Abrantès dresse dans ses Mémoires un portrait flatteur du marquis de la Londe. " En tout, Monsieur de la Londe méritait l'estime et l'attachement que Versailles tout entier lui portait ". Elle renchérit enfin sur sa conduite " digne de tout éloge comme magistrat et comme homme privé. "

Un maigre budget à rééquilibrer

Lorsqu'il prend ses fonctions, la Ville est en proie à de sérieuses difficultés financières. Le budget a été rogné lors des deux occupations de Versailles. Les frais qui en résultent ont très sérieusement compris le budget 1818. Le maire établit tout de même des prévisions de dépenses. Dépenses trop élevées d'après la commission. Cet organisme de contrôle prescrit des coupes sombres sur chaque chapitre. Trois exemples. Tout d'abord la bibliothèque voit ses effectifs se réduire, tandis que le crédit d'achat de livres diminue. Ensuite, le part consacrée aux fêtes publiques baisse sensiblement. Enfin, le fond des dépenses imprévues est réduit à la portion congrue. Le maire approuve ces restrictions financières : le bien de la ville en va ainsi. " Nous devons voir dans ce sacrifice de sa part une nouvelle preuve de son dévouement aux intérêts de la ville et du besoin impérieux d'économies " souligne le rapport de la commission.

Quelques réalisations fondamentales

On comprend dès lors aisément pourquoi les réalisations de cette municipalité ont été si peu nombreuses. Le marquis de la Londe œuvre pourtant à l'unification de deux quartiers alors antagonistes : Saint-Louis et Notre-Dame. Il fait percer l'avenue de Berry (actuelle avenue du Général de Gaulle) en 1819 et réalise la place des Tribunaux (actuelle place André Mignot) en 1825. La finalité de cette réorganisation est la liaison des deux quartiers. " Monsieur de la Londe était du quartier Saint-Louis pouvait ne pas être aimé du quartier Notre-Dame, comme il l'était néanmoins, et cela franchement sans flatteries " note la duchesse d'Abrantès. Enfin, il assure à la municipalité la jouissance de ses locaux pour 99 ans en 1823. Un projet de reconstruction est même un temps évoqué, mais finalement abandonné par souci d'économie.

Le marché Notre-Da me et sa polémique
Le marché Notre-Dame est l'objet des préoccupations de l'équipe municipale. Dès 1811, Pétigny avance un projet de rénovation. Cette tentative est avortée car l'emprunt nécessaire est refusé par le ministre de l'Intérieur. La Lande propose quant à lui en 1818 la construction de " halles ouvertes à claire-voie. " Un mémoire expose d'ailleurs les raisons d'un tel projet. " On a formé sur le terrain de véritables habitations avec des élévations inégales dont l'ensemble présente un aspect hideux (…) la voie publique est interceptée par l'étalage de denrées et marchandises sur le pavé des rues (…) et les abus ont été poussé à un tel point que le marché Notre-Dame n'offre plus ni commodité, ni propreté, ni salubrité. " Mais les propriétaires de ces baraques restent sourds aux constats établis. Selon eux, l'embellissement de la ville se ferait aux dépens d'un millier d'habitants, inadmissible. Le projet est finalement abandonné. L'édile revient à la charge en 1825. La séance municipale de 29 juin adopte le retour au plan de 1818, et prévoit d'indemniser les concessionnaires. Mais le ministre de la Maison du roi s'oppose vigoureusement à l'expropriation de propriétaires " d'une possession de plus de deux siècles. " En revanche, il consent à la destruction des baraques à l'intérieur des carrés. A la place, il suggère d'élever des halles couvertes. Cependant, il faut obtenir l'assentiment préalable des propriétaires des 496 baraques concernées. Seulement 234 d'entre eux donnent leur accord, ce qui signifie une fois encore l'abandon du projet.

Après trois mandats, une ordonnance du 14 mars 1830 désigne un gendre de la Londe pour lui succéder, Romé de Fresquienne. Mais la révolution de juillet met rapidement fin à son mandat. A suivre…
 

Source : Versailles, deux siècles de vie municipale de Jean Lagny et André Damien

par Vincent Adeline publié dans : Personnages
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Samedi 5 avril 2008

Dernier volet de notre trilogie sur le domaine de Madame Elisabeth, l’Orangerie est aujourd’hui connue comme un lieu vivant. Certains se souviennent d’une salle disponible pour y organiser des soirées. D’autre n’y voient que la salle d’exposition actuelle dédiée aux arts plastiques. Petite histoire…


Le domaine de Madame Elisabeth comportait de nombreux bâtiments d’exploitation le long de rue Champ-Lagarde. Une ferme, une étable à vache et sa laiterie adjacente, et enfin la maison de la sous-gouvernante Madame de Mackau. Il ne reste aujourd’hui de ces édifices que l’Orangerie.

Ce bâtiment est sans aucun doute l’œuvre de la Brière, l’architecte du roi et des Guéméné. D’après le plan d’origine, l’Orangerie ne possède aucune ouverture côté nord. La façade est tout simplement ornée de refends et de pilastres Elle n’est ouverte qu’au midi uniquement avec une grande porte centrale et trois fenêtres de chaque côté.

Un escalier intérieur conduisait au premier étage. Le mur nord était aveugle et seule une étroite porte communiquait avec une petite cour donnant sur la rue Champ Lagarde. Là, se trouvait un bâtiment probablement antérieur : la fameuse laiterie, entrée dans la légende avec le « pauvre Jacques ». Ce valet suisse de Madame Elisabeth, éloigné de sa bien-aimée, restée au pays, ne cesse de pleurer sa promise. La sœur de Louis XVI fait finalement venir la fidèle fiancé. Les deux amants s’unissent finalement à l’Eglise Saint-Symphorien.

Cette orangerie est ensuite transformée en maison d'habitation, percée de nombreuses fenêtres. Pour finir, le Conseil général achète le bâtiment en 1998 pour en faire une salle d’exposition.

par Vincent Adeline publié dans : Montreuil
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Samedi 5 avril 2008

Deuxième volet de cette série de bâtiment : le parc du domaine. Lieu de villégiature des lycéens de Marie-Curie à la fin des cours, le parc du domaine de Madame Elisabeth constitue aussi un endroit fort agréable pour flâner, rêver et se promener loin du tumulte de la ville.


Le couple princier Guéméné commande à son architecte (Alexandre-Louis Etable de la Brières) un parc à l’anglaise de 8 hectares composé de bosquets d’arbres, d’allées sinueuses et enfin d’une rivière. L’eau provient des réservoirs Montbauron et se jette – après sa traversée du parc – dans l’étang de Porchefontaine, situé en contre-bas de l’avenue de Paris. Un miroir d’eau dans lequel se reflètent les tilleuls du parc le long de la longue avenue. Grâce à une habile disposition des arbustes, le parc donne l’illusion d’un espace plus grand que son étendue réelle.

Le parc renferme quelques curiosités dérobées. De prime abord, le potager n’est bien sûr pas un élément qui surprend. Si ce n’est que les légumes cultivés, nous l’avons évoqué, était distribués aux indigents. En revanche, la « montagne » offre un côté plus pittoresque. Un chemin sinueux mène à une vue improbable sur le quartier Montreuil. Enfin, une dernière singularité mérite un petit détour. Il s’agit d’une grotte d’où sortait la rivière. Le long de la rivière fleurissait des petits îlots entre deux rochers.

Cependant, le trésor inestimable du parc était sans conteste ses 245 espèces de plantes rares rassemblées par Le Monnier, médecin de Louis XVI, mais avant tout botaniste chevronné. Un jardin botanique, agencé par Brown, complétait enfin cette unique exposition de plantes à ciel ouvert. Lors de la Révolution, la pose de scellés dans l’ensemble du domaine complique la tâche des jardiniers qui ne peuvent plus soigner ces plantes d’essences rares.
 

par Vincent Adeline publié dans : Montreuil
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Mercredi 2 avril 2008

La demeure constitue le premier volet d’une trilogie d’articles sur le domaine de la sœur cadette de Louis XVI, Madame Elisabeth. La maison est aujourd’hui un lieu encore méconnu, car il n’est ouvert au public qu’à de trop rares exceptions. Toutefois, son histoire paraît intéressante.

La constitution du domaine
De 1772 à 1781, le prince et la princesse de Guéméné constituent un vaste domaine de sept hectares en plein cœur du quartier Montreuil. Ces deux personnages sont influents à la Cour. Lui, Henry de Rohan, est le Grand Chambellan de France. Cette charge consiste à diriger la chambre et la garde-robe du roi. Cet office permet une grande proximité avec le souverain et est confié à de proches conseillers. Le Grand Chambellan signe également les chartes et les documents importants. Elle, Victoire de Rohan, est gouvernante des enfants de France. Elle est chargée de l’éducation des enfants royaux, parfois aidée par des sous-gouvernantes. Ils bâtissent tous deux la demeure et ses nombreuses dépendances. Cependant, ils connaissent une faillite spectaculaire en 1782. Le couple princier se résigne à vendre sa propriété. L’ensemble est alors acheté par Louis XVI pour sa sœur cadette, Madame Elisabeth.

Un havre de paix
Néanmoins, il ne s’agit là que d’une résidence de jour. En effet, le roi n’autorise pas sa sœur à y coucher avant l’automne 1789. Elle reste donc attachée à la Cour. Néanmoins, cette décision cruelle au demeurant ne l’empêche pas de créer autour d’elle un véritable havre de paix. La demeure en elle-même ne subit que de légères modifications. Il s’agit plus vraisemblablement d’une réfection générale menée par le service des bâtiments du Roi, et confiée à l’architecte Huvé. Madame Elisabeth s’adonne à des actes de bontés dans les bâtiments annexes. Dans un petit dispensaire, elle porte secours aux malades avec le médecin de Louis XVI, Louis-Guillaume Le Monnier. Les légumes de son potager sont distribués aux indigents. Enfin, le lait produit dans sa laiterie est donné aux nourrissons privés de leurs mères. Elle partage ces moments de générosité avec ses dames de compagnies, ses amies proches, mais aussi les habitants plus modestes des communs. Dans Versailles aux trois visages, Emile et Madeleine Houth remarquent ces : « touchants personnages échappés d’une toile de Jouy déroulant au fil des jours le charme paisible des scènes champêtres. »

Le domaine après Madame Elisabeth
Mais le temps se gâte et vire à l’orage. Alors qu’éclate la Révolution, Madame Elisabeth rejoint la famille royale à Paris. Elle revient brièvement en 1790, lors du séjour des Bourbons au château de Saint-Cloud. Puis, elle doit se résigner à abandonner sa propriété. Le 12 mars 1792, des scellés sont apposés sur la maison afin de protéger le mobilier contre les pillages. Il est vendu le 25 février 1794. Le domaine est transformé en hôpital militaire, puis abrite la Manufacture d’horlogerie automatique. L’établissement, crée le 25 juin 1795, donne des cours de hautes technicité à une centaine d’élèves par an. La manufacture ne connaît aucun essor et ferme ses portes en 1801. La propriété est alors vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires se succèdent faisant perdre sa splendeur au domaine. Menacé, ce patrimoine est acquis en 1998 par le Conseil général.

Sources : Versailles, ses rues, ses monuments d'Odile Cafin-Carcy et Jean-Lagny ; Le patrimoine des communes des Yvelines aux éditions Flohic ;
Site internet du Conseil général dédié au domaine de Madame Elisabeth

La maison de Madame Elisabeth se situe au 73 avenue de Paris.

Le plan sur mappy.fr


par Vincent Adeline publié dans : Montreuil
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